Naissance d’un nouveau paradigme

Le début du XXIème siècle voit l’émergence d’un nouveau paradigme qui veut rétablir l’équilibre entre le projet social, la logique économique et le développement technique.
Une refondation des processus de projet s’impose : programmation, conception et réalisation doivent s’inscrire dans de nouveaux dispositifs pour mettre en perspective une dynamique de changement autour des valeurs sociales d’échange « vivre et travailler ensemble ».

1 – BOUGER LES LIGNES
De plus en plus, les projets sont impactés par des enjeux qui en débordent largement le cadre. Pour y répondre, il est nécessaire de retrouver une dynamique plus globale, plus efficiente, en « faisant bouger les lignes ». Redéfinir les termes mêmes de la problématique d’aménagement et les processus liés à l’émergence du projet dans une stratégie globale qui assure cohérence et homogénéité.

La « postmodernité » : la fin des certitudes et l’émergence de l’improbable
L’avènement des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) marque l’entrée dans une « postmodernité » caractérisée par la fin des certitudes. Cette nouvelle modernité nécessite une révision radicale de notre mode de penser le projet et de nos outils.
Développement durable
La notion de durabilité apparaît aujourd’hui au centre de toutes les problématiques et ouvre un véritable débat sur les méthodes à adopter. Le développement durable, dans sa vision technocratique restrictive, oublie bien souvent l’utilisateur qui va faire vivre les systèmes mis en place. Dès lors, il faut s’interroger sur les effets et les implications du développement durable sur les comportements, sur le travail en lui-même, et d’en appréhender les conséquences sur le processus de programmation.
L’incertitude programmatique
Les problématiques actuelles de flexibilité et de mobilité accrues par le développement progressif des TIC, amène une réelle indétermination programmatique. Aujourd’hui la programmation doit créer et recréer en permanence de nouveaux standards d’organisation flexible qui répondent à la complexité actuelle du travail et à son évolution.
Le bureau fragmenté
Le temps et l’espace dédiés au travail s’immiscent dans la vie privée, et réciproquement : une multitude d’espaces s’offrent au travail : bureau, domicile, transports en commun, espaces publics… Face à ces différents usages, les espaces de travail se fragmentent pour prendre en compte ces nouvelles pratiques des usagers et développer de nouveaux lieux mieux adaptés aux réalités du contexte.

2 – LA COMPLEXITE CROISSANTE DES PROJETS

L’accélération des bouleversements liés à la globalisation et à la profonde mutation de notre économie, complexifie les projets d’aménagement qui subissent une pression croissante et qui doivent réussir.

L’évolution des dispositifs de projet
Le dispositif de projet qui structure l’ensemble des intervenants est profondément impacté par cette complexité. Du côté de la Maîtrise d’Ouvrage le « chef de projet » est confronté à des enjeux qui dépassent le projet en tant que tel. L’implication des instances de direction est d’une importance cruciale dans les projets managériaux induits par le projet d’aménagement ainsi que la mise en place de dispositifs d’accompagnement dans la conduite du changement.

L’implication des IRP est fondamentale pour le projet mais le plus souvent trop tardive, elle bouleverse les dispositifs qui ont minimisé leur rôle, et fragilise le succès des projets. Cette implication perturbe fortement le déroulement des projets, sans pour autant parvenir à satisfaire réellement ses propres objectifs..

Le projet, un cadre inadapté au changement
Vu l’importance et la diversité des enjeux, le cadre donné aux opérations ne suffit plus à répondre à leurs objectifs. On voit de grandes ambitions managériales fortement contrariées par les conditions de temps et de budget avec le risque de voir ces projets ne pas atteindre ces objectifs. Un nouveau cadre est à établir pour que ces enjeux fondamentaux puissent être satisfaits.

La nouvelle économie
La « virtualisation » constante des organisations tend à effacer les frontières physiques mais aussi temporelles entre Travail et Vie privée. Dans ce cadre, les organisations adoptent des structures plus souples : le besoin de flexibilité et de réactivité devient vital pour les entreprises.
L’espace de travail doit pouvoir s’adapter aux changements afin d’assurer sa pérennité et de répondre aux évolutions.
Ces nouveaux besoins impliquent une nouvelle relation entre les organisations et leurs actifs immobiliers. Aujourd’hui les organisations pensent différemment leur rapport au Territoire et de moins en moins d’entreprises souhaitent être propriétaires. Cette approche flexible modifie considérablement le processus de programmation et les stratégies d’investissement.

3 – DONNER DU TEMPS AU TEMPS : La progressivité du changement

Une Communication opportune
Une autre difficulté inhérente aux grands projets est de « communiquer » en temps opportun sur l’essence même du projet.
Bien souvent, le bruit court avant que le projet ne soit annoncé officiellement et un phénomène de « crispation » se crée aussitôt ! Des rumeurs se répandent créant un contexte difficile pour le bon déroulement de celui-ci.
Il convient d’établir une stratégie qui élargisse le cadre et la temporalité du projet d’aménagement, devenus trop restrictifs. Pour satisfaire tous les enjeux, cette stratégie aura pour objet d’anticiper le projet lui-même et d’aborder ces enjeux sensibles dans un cadre plus serein.

La conduite du changement
Le changement est devenu progressif. Il faut modifier l’approche globale des projets en distinguant ce qui relève de champs d’intervention très différents : le changement de l’organisation du travail et le projet d’aménagement.
Aujourd’hui ces deux axes d’intervention s’avèrent être des obstacles l’un pour l’autre bien que conduits par la même équipe et la maîtrise du projet peut en est fragilisée.
Ainsi pourra se mettre en place un système vivant capable de se renouveler. Les exigences de calendrier et de budget pourront se développer dans un environnement favorable.

Il faut donner du temps au temps sans vouloir forcer le pas parce que le temps presse, donner le temps de la réflexion, dans un cadre serein.

Source : Philippe Meurice- Directeur de DEGW France

Par : DEGWFRANCE /septembre 15, 2013 /Blog, Presse /0 Commentaire

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